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2001 : une année tragique (01/02)

     Plus personne ne peut rester indifférent aux événements tragiques de ces douze derniers mois dont nous retiendrons, entre autres catastrophes, la victoire des extrémistes sur les démocrates au Moyen-Orient, la criminalisation de la contestation politique en Europe (Gênes, etc.), le 11 septembre, et le recul des libertés fondamentales qui lui a succédé en Occident. 

     Dans 2001 l’Odyssée de l’espace Stanley Kubrick évoquait un monde où la technique s’était affreusement développée au détriment de l’esprit et de la morale, devenus secondaires et inutiles. Les catastrophes politiques de l’année 2001 témoignent autant du talent de Stanley Kubrick, visionnaire, que du mépris de l’histoire pour les farfelus qui appréhendaient l’année précédente (l'année 2000) la main sur les livres de Nostradamus et de Paco Rabanne. 
 

Ne pas confondre Varadero avec Guantanamo (28/1)

     Le mépris que nous pouvons avoir pour des gens motivés par la construction d’un Etat, d’un monde théocratique et totalitaire, des gens qui sont capables de tuer des miliers de civils sans aucun scrupule, ne peut occulter notre attachement à la dignité humaine, y compris dans le chef des détenus afghans de la base militaire de Guantanamo, à Cuba. Le Réseau Voltaire établit un parallèle intéressant entre le poids des paroles de Walker Bush sur les vertus de nos démocraties et le choc des images illustrant les conditions de détention des combattants afghans.
 

L’American Civil Liberties Union (28/12)

     Un vent punitif, policier et sécuritaire souffle sur l’Amérique qui bafoue ses droits les plus fondamentaux au nom de la sécurité collective : arrestations arbitraires, détention de suspects au secret, irrégularités dans l’assistance juridique, pression physique, justice d'exception, etc. 
     Dans ce contexte, l’American Civil Liberties Union (ACLU) tente au quotidien de défendre et de préserver les libertés et les droits individuels garantis par la Constitution des Etats-Unis tant pour les citoyens américains que pour les étrangers "suspects" qui sont particulièrement visés par l'administration Bush et son ministre de la justice John Ashcroft. Entre autres domaines, l'ACLU défend les libertés et les droits individuels au niveau de la justice, de la liberté d’expression, de la peine de mort, du droit des étrangers ou encore du droit de vote.
 

Mondialisation de l'espionnage (27/12)

     Le débat sur l’anonymat et la confidentialité sur le réseau est ouvert depuis plusieurs années et pourtant l’espionnage inter-étatique, dont on parle assez peu, est une réalité tout aussi effrayante. Le système Echelon, chapeauté - entre autres - par l’agence américaine de sécurité NSA  est une démonstration flagrante des dérives qui menacent les libertés fondamentales. Il n’est d'ailleurs probablement qu’une étoile dans la constellation des “espions” à l'oeuvre partout dans le monde si l’on considère d’autres organismes de défense nationaux comme le GCHQ en Angleterre et la DGSE en France, pour n’en citer que quelques-uns, dont les pratiques, si elles n’ont pas l’envergure d’Echelon, sont tout aussi inquiétantes. 

Espionnage politique et économique

     Le lien est étroit entre le monde politique (les Etats participant aux programmes de surveillance) et la sphère économique (les entreprises nationales profitant d’une partie des renseignements disponibles). On pourrait dès lors s’interroger sur la nature exacte des coopérations politiques entre Etats qui ne peuvent que rentrer en contradiction avec l’espionnage économique de ces mêmes Etats les uns vis-à-vis des autres : alliés politiques et ennemis économiques !

     Mais l’espionnage ne se limite pas aux informations à caractère économique, un exemple récent d’utilisation de données à des fins judiciaires est fourni par le projet  “Magic Lantern” du FBI aux Etats-Unis.
 

Politique étrangère et conflits d’intérêts (25/11)

     L’évolution hebdomadaire des objectifs de guerre américains en Afghanistan a révélé en quelques semaines, et au rythme des mouvements de spécialistes faisant la file dans les coulisses des plateaux de télévision, le visage peu présentable de la politique étrangère des Etats-Unis depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le début de la Guerre froide. Une place non-négligeable a été accordée à de nombreuses analyses portant sur la stratégie politique officieuse des Etats-Unis dans le monde en général, au Moyen-Orient et aujourd’hui en Afghanistan. Ces nombreux travaux sur les activités secrètes américaines doivent être analysés en ayant à l’esprit la multiplicité des acteurs qui sont masqués derrière le "gouvernement américain",  "l’Amérique", les "Américains" ou encore la "CIA". 

     Les agences de renseignement et les cercles élitistes (militaires ou économiques) américains sont légion. La diversité et la complexité de leurs fonctions et objectifs rivalisent avec les dissensions internes et les conflits d’intérêt sur les objectifs politiques et stratégiques à suivre. Ces derniers n’étant d’ailleurs pas le propre des agences de renseignement mais un phénomène très répandu au sein de l’administration américaine. Ce paramètre est donc déterminant dans l’analyse et la compréhension de la politique étrangère américaine et ses conséquences en termes d’identification des responsabilités.
 

Vocabulaire novlangue
 
Les faits
Les mots
hommes en fuite cibles émergeantes
camps de concentration hameaux stratégiques
patchwork ethnique Alliance du Nord
massacres dégâts collatéraux
bombardements frappes chirurgicales
épidémies et famines embargo
Succès de l’extrême droite dans l’indifférence générale (25/11)

     La Norvège et le Danemark sont aujourd’hui dans les mains de deux gouvernements qui vont dépendre directement (coalition) ou indirectement (présence importante dans les chambres) de l’extrême droite. Quelle qu’en soit leur efficacité, cet événement n’a suscité aucun débat, aucune indignation, aucune réaction politique. Il en dit long sur la banalisation de la xénophobie en Europe ainsi que sur le conformisme généralisé qui l’alimente.
     Il révèle également à quel point l’Europe économique manque fondamentalement d’une Europe politique et idéologique, une Europe capable de s’appuyer avec force et fierté sur les principes fondateurs de la politique des pays qui la composent (les Droits de l’homme) et les textes historiques qui en témoignent. 
     Avec la Suisse, l'Italie et l'Autriche, 5 pays sont donc aujourd’hui sous influence directe ou indirecte de l’extrême droite en Europe (et partiellement dans l'Union européenne).

 
The Trial of Slobodan Milosevic (20/02)

     Information and Hearing Schedule (Monday 18 February 2002 - Thursday 24 February 2002).
 

Lettre d'Amérique, les raisons d'un combat (15/02)

     Une soixantaine d'intellectuels américains issus de prestigieuses universités expliquent dans une Lettre d'Amérique pourquoi ils justifient et soutiennent l'engagement de leur pays dans la guerre qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001. Signée entre autres personnalités par Francis Fukuyama et Samuel Huntington, la lettre est publiée par l'Institute for American Values basé à New York.
 

L’Euro : un projet politique? (03/02)

     S’il est vrai que l’Euro obéit avant tout à des objectifs économiques, force est de constater qu’il est aussi le fruit d’une volonté politique, et à ce titre il incarne l’aboutissement d’un véritable projet politique au sens noble et large du terme. Assurément, l'Euro représente une entreprise unique en son genre par sa nature, les obstacles rencontrés et les nombreux acteurs qui lui ont permis de voir le jour. Malgré sa dimension économique et monétaire, l’Euro témoigne du véritable pouvoir politique de l’Union européenne, il affiche enfin une démonstration de force de l’Exécutif européen en dépit de ses faiblesses : fonctionnement collégial, double niveau de pouvoir (national et européen), déficit de légitimité, etc. 

     Les véritables enjeux aujourd'hui résident donc dans notre capacité à utiliser l'exemple de l'Euro pour encourager d'autres projets politiques tout aussi  prestigieux, telle une sécurité sociale commune européenne, inspirée des sytèmes nationaux les plus efficaces en termes de protection et de respect de l'individu.
 

Israël - Palestine (03/02)

     La politique d'Ariel Sharon sous la plume de Mohammed Dahlan, le chef de la sécurité préventive à Gaza, dans les colonnes d'Haaretz, l'un des plus grands quotidiens israéliens.
 

Discours de Walker Bush sur l'Etat de l'Union (03/02)

     Le président américain n'a d'autres choix que d'assurer l'existence fictive d'une guerre permanente entre le bien (les Etats-Unis) et le mal s'il veut conserver les américains à l'abri des terribles problèmes domestiques auxquels ils doivent faire face (récession, pauvreté, inégalité, racisme, criminalité, etc.). 
     Son discours sur l'Etat de l'Union prononcé le 29 janvier 2002 en témoigne de façon explicite, discours analysé par Matthew Rothschild, l'Editor du Progressive Magazine.
 

Pierre Bourdieu est mort
Terrorism in America Through the Eyes and Ears of the European Media (31/1)

     " How to reconcile the distress for the American victims with the arrogance of the US foreign policy in Middle East ? " was the main question on September 11 in the progressive community. In other words, how to separate compassion from the political analysis, knowing that the affair would have been much easier if the terrorists had only bombed the Pentagone, and in this way reduced a terrorist attack which killed thousands of civilians to a political act weakening American military and technological power.

     This feeling has not been shared by the mass media (mainly television, networks and some daily papers) which have followed the Bush administration Manichean pattern of dividing the world between good and evil and asking everyone to take part in a new kind of war. A Manichean pattern which has been much attenuated through the instructions from authorities such as the European Union’s national governements, the chair of the European Union (Belgium at present), and the secretary of NATO Lord Robertson. 

     As a result of the attacks on the World Trade Center and the Pentagon we are seeing how the mass media is covering the new war and what the consequences of this coverage are on European public opinion regarding G.W. Bush, the United States, and its foreign policy in the Middle East ...

Le texte complet en format PDF

Fin de la Présidence belge de l'Union européenne
Que faire de Saddam Hussein? (28/12)

     Depuis 1991, les Etats-Unis ont indirectement détruit physiquement et politiquement la société civile irakienne tout en maintenant le régime de Saddam Hussein sur pied. En 10 ans, l’embargo a provoqué la mort de près d'un million d'individus dont 500 000 enfants pendant que Saddam Hussein a consacré l’essentiel de son budget à l’armée. Une intervention américaine en Irak n’aurait de sens aujourd’hui qu’à condition de renverser une fois pour toutes le régime irakien. Les autres scénarios trahiraient une fois de plus la volonté américaine de maintenir Saddam Hussein au pouvoir afin de justifier une présence militaire américaine dans la région.
    D'un point de vue strictement humain, les conséquences de l'embargo sur l'Irak sont tellement catastrophiques qu'il en devient difficille d'accepter et même d'imaginer la responsabilité indirecte des puissances occidentales dans cette catastrophe.
 

La condition féminine en Arabie Saoudite (27/12)

     Une lecture sommaire de la condition féminine en Arabie Saoudite et au Pakistan ne peut que laisser perplexe celui qui considérait la coalition anti-terroriste menée par les Etats-Unis comme le résultat d'un consensus sur certaines valeurs fondamentales (bien/mal; modernité/obscurantisme; etc.). La réalité quotidienne des femmes dans ces deux pays témoigne du cynisme qui anime les négociations politiques sur le plan international depuis le 11 septembre.
 

Quote of the month - Ignacio Ramonet
Nulle avancée de la civilisation ne peut se fonder sur l'indifférence à l'égard d'un crime
Religion et terrorisme (22/12)

     Au niveau des formations ou des factions qui se partagent le pouvoir, le conflit israélo-palestinien révèle sans aucun doute un des aspects les plus détestables de la religion lorsque celle-ci n’est pas clairement séparée de la sphère politique. Après plusieurs tentatives, les mouvements islamiques radicaux et les partis religieux et extrémistes des deux camps ont enfin réussi à orienter le conflit vers la seule violence " politique " sans laquelle ces derniers n’auraient plus aucune raison d’être. 
 

 
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