| Le Pen, le vocabulaire et les changements politiques
(25/04)
La qualification des leaders,
des organisations et des partis qui se positionnent en rupture totale ou
partielle avec la droite démocratique et républicaine, ainsi
que les idées et le programme qu’ils véhiculent, souffre
à plus d’un titre, à des degrés divers, et depuis
plusieurs années, de nombreux changements de vocabulaire. Nous pouvons
faire l’hypothèse qu’il en est ainsi parce que les frontières
entre les droites traditionnelles et les droites dites "extrêmes"
sont moins évidentes, les marqueurs sont plus mitigés, les
désaccords sont plus modérés ou simplement mieux dissimulés
par les uns et les autres, chacun cherchant à grappiller dans l'électorat
de son voisin.
Les programmes sécuritaires
et xénophobes ne sont plus le privilège exclusif de l’extrême
droite qui a perdu ces dernières années l’essentiel de son
monopole sur toutes les questions liées directement ou indirectement
à l’insécurité, la pauvreté et l’immigration,
à l’exception notable du lien entre ces trois composantes en
termes de causalité qui n’est ouvertement affirmé que
chez cette dernière (Le Pen,
Mégret,
Haider,
Bossi,
etc.). Ce lien étant en quelque sorte secondaire au regard de ces
questions collectivement dénoncées à droite et même
parfois à gauche comme fondamentales, à travers notamment
la diabolisation du "clandestin", ce nouveau profiteur des temps modernes,
le "11 septembre politique" à la française aurait pu être
anticipé dans le débat public.
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Des milliers de jeunes Français
qui ne pensaient pas devoir ressortir leurs vieux draps de lit en 2002.
L'extrême droite n'a donc jamais véritablement décliné
en France.
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Des distinctions plus délicates
Nous assistons donc à
un vacillement des marqueurs qui nous permettaient jusqu’alors de distinguer
la droite traditionnelle de l’extrême droite et de ses multiples
variantes, nous assistons depuis le début des années nonante
à une certaine réorientation idéologique de nombreux
courants politiques rendant les distinctions de jadis moins évidentes,
plus discrètes, même si elles n’en restaient pas moins réelles.
Dans ce contexte, derechef,
l’utilisation par Jacques
Chirac et ensuite par Lionel
Jospin du missile "sécuritaire" de Jean-Marie
Le Pen ne pouvait que provoquer un séisme politique à
l’issue des élections présidentielles française.
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| Olasky derrière Walker Bush
(27/03)
Enjeux économiques
et guerriers mis à part, Georges Walker Bush fonde sa démarche
politique sur une certaine vision des choses inspirée du Professeur
de Journalisme Marvin Olasky qui enseigne
à l’University of Texas à
Austin.
Olasky est aussi l’éditeur de World,
un hebdomadaire national d’information réalisé dans une perspective
" biblique ".
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| John O'Neil et Ben Laden (26/03)
L’enquête
de Monsieur John O’Neil, le principal
responsable du FBI en charge du dossier Ben Laden dans les années
90, a été bloquée volontairement par le Département
d’Etat américain quelques semaines avant le 11 septembre pour des
raisons diplomatiques et économiques. Ironie du sort, John O’Neil
était devenu le chef de la sécurité du World Trade
Center avant de mourir
comme beaucoup d’autres sous les gravats.
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| Autriche et Italie : l'imposture (16/03)
Les gouvernements
de coalition autrichien et italien (entre autres pays) nous ont habitué
à une Europe quelque peu paradoxal, où de nombreux gouvernements
rassemblent des opposants à la libre circulation des personnes et
des farouches défenseurs de la libre circulation des biens, des
services et des capitaux. Des gouvernements où collaborent les fossoyeurs
du niveau de vie européen et l’extrême droite qui en rejette
la responsabilité sur le dos des étrangers. Des coalitions
où les uns démantèlent la sécurité économique
de la collectivité quand les autres se chargent d’en dissimuler
les causes. On aurait pu imaginer que la population européenne prenne
tôt ou tard conscience de ce paradoxe, et se faisant découvre
l’imposture, la farce, la mystification politique de ces alliances entre
l’extrême droite, les conservateurs et les ultralibéraux,
mais c’était sans compter sur le 11 septembre.
Silvio Berlusconi
et Georges Walker Bush l’ont bien compris comme en témoigne la liquidation
progressive aux Etats-Unis
(Freedom Should Not Become Collateral Damage in the War on Terrorism
par Kathleen Taylor et Jan Eric Peterson) et en Italie
(La gifle d'un électeur, par Nanni Moretti) des piliers,
principes et valeurs qui font qu’une démocratie n’est pas une dictature.
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| Est-il possible de
faire de la politique sans manichéisme?
Si depuis le 11
septembre Walker Bush est devenu le maître en la matière,
il n’a rien à envier à ses ennemis qui utilisent sans le
savoir les mêmes catégories d’analyse, catégories simplistes
par définition qui réduisent et interprètent toutes
formes de conflits en opposition binaire de type bien/mal, riche/pauvre,
violent/pacifiste, etc.
Ce phénomène
est particulièrement visible dans le dossier du Moyen-Orient où
nombreux sont ceux qui confondent soutien à la cause palestinienne
et soutien à la culture de la mort (kamikazes, adolescents-terroristes,
enfants-lanceurs de pierres, endoctrinement, culte du chef et des martyrs,
etc.). Si la première est légitime et doit retenir toute
notre attention, comme en témoignent les déclarations de
l’Organisation des Nations Unies (voir
les archives de Parnasse.org - Septembre 2001), la seconde n’a pas
sa place dans la culture démocratique où l’être humain,
quel que soit le drame vécu par les Palestiniens, ne peut jamais
être considéré comme un moyen ("ces enfants vont mourir
mais c’est pour la bonne cause") mais comme une fin.
Nous ne pouvons
qu’éprouver un malaise en voyant des militants progressistes français,
belges ou nord-américains transformer Arafat en "enfant de chœur".
Si ce dernier est stratégiquement nécessaire pour rétablir
la paix au Moyen-Orient, il devra comme beaucoup d’autres (dont Ariel Sharon
évidemment mais pour d'autres raisons) rendre des comptes sur les
liens entre son organisation (le Fatah)
et les multiples réseaux terroristes de la région.
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| "11 septembre politique"
en France (24/04)
Dans des proportions
bien plus terrifiantes, la France vient de découvrir lors du premier
tour de ses élections
présidentielles ce dimanche 21 avril 2002 le même scénario
qu’aux Etats-Unis lorsque la forte abstention et la division à gauche
(Al
Gore contre Ralph Nader) ont favorisé l’élection du conservateur
Walker Bush lors des dernières élections présidentielles
américaines.
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Face au risque
de voir Jean-Marie Le Pen mettre un pied à l’Elysée,
les Français de gauche et de droite attachés à l’Etat
de Droit vont devoir voter pour un personnage
qui ne doit sa liberté effective qu’à son immunité
pénale taillée sur mesure par le Conseil
constitutionnel. Ce scénario ne va pas sans rappeler ces francophones
de Bruxelles, lors des dernières élections législatives
belges, qui étaient déterminés à voter pour
des partis flamands démocratiques afin de barrer la route au Vlaams
Blok, le puissant parti d’extrême droite de Flandre qui s’est
d’ailleurs félicité du succès de Jean-Marie Le Pen
au premier tour.
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Ce "11 septembre
politique" n’aura de sens historiquement pour les démocrates progressistes
(français et européens) que s’il permet à l’avenir
une régénération radicale de la gauche française,
au-delà de ses multiples divisions politiques qui sont autant de
chapelles que de moyens pour s’accaparer un peu de pouvoir.
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| Jospin : un homme intègre désavoué
(24/04)
"Quand les dégoûtés
s’en vont" disait l’adage, "il ne reste plus que les dégoûtants".
Lionel
Jospin, le seul candidat intègre laisse la politique française
et la campagne présidentielle dans les mains d’un fasciste historique,
Jean-Marie Le Pen, et dans celle d’un homme poursuivi
par les affaires depuis des années, Jacques Chirac. Cette situation
inédite et inattendue infirme cette fois-ci un autre adage selon
lequel "si les élections pouvaient changer quelque chose, elles
seraient interdites depuis longtemps".
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| Des sondages de plus en plus néfastes
(24/04)
L’influence des
sondages sur le scrutin du premier tour fut déterminante dans la
mesure où les jeux semblaient tellement joués d’avance à
en croire ces derniers que ceux-ci ont provoqué chez nombre de Français
l’abstention ou pire la volonté de faire peur aux leaders traditionnels
en donnant leurs voix à Jean-Marie Le Pen. Tirer les conséquences
du "11 septembre politique" à la française signifie également
réfléchir sur le rôle néfaste des sondages dans
la construction stratégique des élections présidentielles
françaises.
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| 60 ratifications
pour la CPI (26/04)
La Bosnie-Herzégovine,
la Bulgarie, le Cambodge, l’Irlande, la Jordanie, la Mongolie, le Niger,
la République démocratique du Congo, la Roumanie et la Slovaquie
ont ratifié le Statut de Rome lors d’une cérémonie
spéciale organisée au siège des Nations unies à
New York. La 60e ratification de ce dernier lui permet d’entrer en vigueur
le 1er juillet 2002 et donne à la future Cour compétence
pour juger les génocides, les crimes contre l’humanité et
les crimes de guerre.
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| Vers une justice internationale (27/03)
La compétence
universelle qui s’inscrit à travers les juridictions nationales
coexiste avec d’autres instances susceptibles de punir les crimes reconnus
par le droit international comme les tribunaux spécifiques propres
à certains faits historiques (les tribunaux pénaux internationaux
pour l’Ex-Yougoslavie
et le Rwanda) ou encore la future Cour Pénale Internationale permanente,
Cour qui aura la compétence universelle à un niveau international
cette fois-ci.
La Cour tarde
à voir le jour car plusieurs pays dont les Etats-Unis voient d’un
très mauvais œil un tribunal permanent et indépendant susceptible
de juger n’importe quel chef d’Etat dans le cadre de ses fonctions ou à
la retraite. En effet, que se passerait-il si quelques irakiens portaient
plainte pour les 500
000 enfants décédés en partie à cause de
l’embargo américain sur le territoire irakien depuis 1991 ? (Même
si Saddam Hussein concentre les richesses de son pays exclusivement sur
l'armement). Et si les algériens s’en prenaient au gouvernement
français pour les nombreux
faits de torture pendant la guerre d’Algérie (1954-1962) ? Et
si les Serbes et les Kosovars portaient plainte pour l’usage de bombes
à uranium appauvri
(entraînant de nombreux cancers) pendant le conflit au Kosovo (mars
- juin 1999) ? Les exemples sont légion, c’est bien le problème
d’une justice universelle.
Le Panama est
devenu en mars 2002 le 56ème État à avoir ratifié
le Statut
de Rome. Il ne manque désormais que quatre
ratifications pour que ce dernier entre en application et que la Cour
pénale internationale voit le jour.
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