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Un livre de Julien Dohet et Jérôme Jamin (Parnasse.org) Editions Labor - Bruxelles |
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11 septembre 1973-2001-2003 (11/2003) Ils ne sont certainement pas tous d’accord et ne partagent parfois pas du tout la même opinion mais ils sont nombreux à avoir voulu commémorer, d’une manière ou d’une autre, la date du 11 septembre. On peut distinguer trois façons d’aborder cette date et ce qu’elle signifie. Il y a d’abord ceux qui ont en mémoire la catastrophe du 11 septembre 2001 et qui ne sont pas prêts d’oublier le tournant historique que l’effondrement des tours du World Trade Center signifie pour les Etats-Unis et pour les démocraties occidentales en général. D’obscurs terroristes animés par une vision du monde théocratique et totalitaire ont réussi à faire trembler les Etats-Unis et le monde en tuant au passage un nombre considérable de civils innocents broyés et écrasés dans les décombres du sud de Manhattan. Pour ceux-là, le monde a vraiment changé. Et pour une partie d’entre eux, le 11 septembre justifie d’avance toutes interventions américaines autour du globe, qu’elles soient économiques (soutiens à des gouvernements ou à des partis d’opposition), politiques (votes et droits de veto dans les grandes institutions internationales) ou militaires (interventions directes dans certains pays). Le but étant de protéger l’Amérique de futures attaques terroristes. Il y a ensuite ceux qui ont en mémoire le 11 septembre 1973 où à Santiago du Chili, le président de la République démocratiquement élu Salvador Allende se suicidait dans son palais encerclé et bombardé par les forces du général Pinochet, le chef des putschistes qui allait instaurer la dictature jusqu’à la fin des années quatre-vingt. Une dictature sanglante avec ses arrestations arbitraires, ses exécutions sommaires, sa police spéciale (la DINA, la police politique), sa chasse aux militants de gauche, aux syndicalistes, aux journalistes indépendants, etc. Des milliers de morts et de disparus… Il y a enfin ceux pour qui le 11 septembre signifie les deux événements à la fois. Et ici, il est possible d’établir une distinction très nette entre deux " camps ". Il y a ceux qui considèrent exclusivement le destin des innocents tués pendant la dictature ou dans l’effondrement des tours du World Trade Center et ceux qui pensent qu’il y a un lien entre les deux et que dès lors, les seconds, bien qu’innocents, seraient malgré eux un peu responsables de ce qui leur est arrivé. Il y a ceux qui se focalisent sur l’horreur et la misère humaine et qui ne cachent pas leur rage face aux atrocités et aux drames humains, quelles que soient les circonstances de ces crimes, et ceux qui au contraire voient très clairement un lien de causalité, un effet " bommerang " entre les attentats du 11 septembre et le soutien des Etats-Unis à de multiples dictatures et autres groupes terroristes depuis la Deuxième Guerre mondiale. A sa façon, chacun pourra interpréter ces tragédies en termes de responsabilités. Ainsi, célébrer exclusivement les trente ans de la mort du président Allende peut devenir une manière discrète de montrer le peu de cas que l’on fait du 11 septembre 2001. A contrario, faire des attentats du World Trade Center un événement historique unique sans précédent peut également être injurieux au regard des milliers de morts qui ont payé et paient encore aujourd’hui le prix des dictatures et des régimes autoritaires autour du globe. La mémoire des morts et le choix de ces derniers constituent toujours un acte fondamentalement politique. Jérôme Jamin |
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Belgique
: la loi de compétence universelle abrogée (8/2003)
La loi dite de compétence universelle adoptée en 1993 devait permettre aux tribunaux belges de juger les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides, quel que soit le lieu ou le pays où ils ont été commis, et surtout quelle que soit la nationalité des auteurs de ces crimes ou de leurs victimes. A elle toute seule, cette loi faisait office de "cour pénale internationale" belge où n'importe qui pouvait se retrouver devant les tribunaux. Formé en juillet 2003, le gouvernement Verhofstadt II n'a pas perdu de temps pour abroger cette loi et la remplacer par un texte à la portée très peu universelle. Désormais, l'esprit de la loi imposera comme principe premier un lien de rattachement des plaintes avec la Belgique. Soit l'auteur des atrocités devra être belge ou résider en Belgique, soit la victime devra être belge et pourra déposer une plainte pour autant que le Procureur fédéral l'accepte après s'être assuré que celle-ci ne rentre pas en contradiction avec les traités signés par la Belgique. On voit clairement que ces dispositions n'ont plus rien d'universelles. Enfin, situation encore plus rare, un étranger pourra déposer une plainte à condition qu'il réside au moins depuis trois ans en Belgique au moment où le crime est commis… Concrètement, cela veut dire que si un père de famille assiste au massacre de sa famille et des habitants de son village et parvient à prendre la fuite et à se rendre en Belgique, sa plainte ne sera pas recevable puisqu'il ne réside pas en Belgique depuis trois ans. En revanche, s'il décide de s'installer pendant trois ans en Belgique, il pourra alors retourner dans son pays d'origine et tenter de revivre une seconde fois ces atrocités. Ainsi, s'il n'a pas été massacré, il pourra revenir le lendemain et déposer plainte puisque désormais il aura résidé trois ans en Belgique. La loi ne précise pas si les morts peuvent également déposer plainte… Article du 22 juin 2003 dans Le
Monde
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| La torture aux Etats-Unis
(5/2003)
Dans une lettre adressée au président Bush, William F. Schulz, le président d'Amnesty International USA, prend très au sérieux les récentes allégations affirmant que les États-Unis toléreraient et même pratiqueraient des actes de torture dans le cadre global de sa lutte contre le terrorisme depuis le 11 septembre. Extrait : "Dear Mr. President Amnesty International is gravely concerned by recent allegations that the United States Government may condone and even commit acts of torture. I urge you to make it explicitly clear in a public statement that the United States Government condemns torture unequivocally, that torture is anathema to the national security interests of this country, that all allegations of torture committed by or condoned by the United States will be fully investigated and prosecuted, and that torture is against U.S. and international law and the values this nation holds dear (...)". Lire la suite sur le site d'Amnesty International aux Etats-Unis. |
Guantanamo
n'a pas existé : "Essai" négationniste
"On me dit qu’en janvier 2002, il y a donc déjà plus de dix ans, le gouvernement américain avait enfermé des prisonniers étrangers dans une sorte de camp de concentration situé à Guantanamo à Cuba, un camp retranché dont personne n’osait s’approcher d’après la légende. On raconte que les détenus étaient traités comme des animaux, qu’ils vivaient dans des cages exposées sous un soleil torride, et surtout qu’ils devaient porter en permanence de lourdes combinaisons qui leur coupaient en quelques semaines la maîtrise de leurs sens (toucher, odorat, ouïe, etc.)." Destiné à illustrer par le biais de la fiction les méthodes utilisées par les négationnistes pour nier l'existence des chambres à gaz pendant la deuxième Guerre mondiale, cet article a été publié dans le numéro 20 de La Revue Aide-mémoire (Liège : Les Territoires de la Mémoire, Janvier-Février-Mars 2002, p.1). |
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